Alprech Filets dans la Presse
Alprech Filets : quand les Coppin vont en prison...
dimanche 09.12.2007, 10:31
Créée en 1982 par Jean-Bernard Coppin, comptable de formation, la société Alprech Filets, installée à Outreau, est maintenant dirigée par les deux fistons, François et Olivier, lesquels ne ménagent pas leur peine pour que leur petite entreprise ne connaisse pas la crise.
La mondialisation... Un calvaire pour certains. Une nécessité pour les autres de réagir, d'échapper à sa vampirisation. Confronté à la concurrence mondiale en matière de filets de pêche, Alprech Filets a dû sans cesse évoluer. Il est loin, très loin, le temps où Jean-Bernard Coppin, le père fondateur, flaira le créneau porteur du filet et commença à bosser chez lui, au 161 de la rue Saint-Michel à Outreau. De la cave au grenier, il n'y avait que du filet.
Comptable à la FAPMO, il prit la prime de licenciement pour créer le premier atelier de 25x10 m, à la sortie d'Outreau. Le fonds de commerce, c'était bien sûr le trémail, mais très vite, Alprech s'intéressa aux filets de sports (pare-ballons) ou de sécurité, un domaine qui allait permettre aux Coppin de faire se développer la société, tout en gardant un important volant de clients du secteur, fidèles à la qualité des trémails « made in Alprech ».
Innover, sans cesse
Chez les Coppin, il y a toujours un chromosome qui s'échappe de la maille traditionnelle. C'est ainsi que la société fut très réactive quand il s'est agi de façonner un filet pour la Marine nationale afin de récupérer les boulettes d'hydrocarbures pour un site sensible.
Dans le genre innovant, Alprech s'est aussi tourné vers les prisons. François, le Lucky Luke de l'innovation, fan comme son père de l'ESSM (Alprech est l'un des plus fidèles partenaires du club), a sollicité le ministère de la Justice pour équiper les prisons de filets anti-évasion. Après un chantier test à Bourges, la société a également équipé deux centres à Caen. Au total, ce sont finalement onze centres pénitentiaires de l'Ouest de la France qui seront équipés. Le marché aurait pu être plus juteux encore, mais Alprech se heurta aux méandres du lobbying face à une société qui vendait des filets en kevlar, pas plus solides et bien plus chers.
Mais quand on jette François Coppin par la porte, il rentre par la fenêtre. Cette fois, c'est la corde lestée des filets qui l'a fait phosphorer. Depuis la nuit des temps, et chez Alprech, on la leste de plomb. Problème, gros problème : le prix du plomb a été multiplié par trois. Or, un beau jour, le gaillard fit un test déterminant : le sable, eh ! oui tout bêtement le sable mouillé, lestait aussi bien la corde. Le problème, c'est la fabrication, car le remplissage reste artisanal. Le brevet a été officiellement déposé. Reste à produire.
PHILIPPE CADART
ARTICLE DE "LA VOIX DU NORD"
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L'ESSM a tenu son assemblée générale le week-end dernier
2009 : objectif plays-off pour l'ESSM
mercredi 31.12.2008, 14:00
Viser la 8eme place, tel est le challenge que doivent relever les Vert et Blanc pour cette nouvelle année. Une année également marquée par le passage du club en Société anonyme sportive professionnelle
L'ESSM a repris le chemin de l'entraînement. Depuis lundi pour les Français, mardi pour les "Ricains". Avant que les dirigeants portelois ne s'envolent pour prendre quelques jours de vacances bien mérités, ils se sont entretenus avec les entraîneurs, histoire de rappeler, si besoin était, les objectifs sportifs du club.
« Disputer les plays-off reste bel et bien notre objectif », a confirmé Pascal Jullien lors de l'assemblée générale du club, qui s'est tenue le week-end dernier.
Mathématiquement, c'est évidemment jouable. Forte de sept victoires, il en faudrait encore onze à l'ESSM pour décrocher le précieux sésame. 11 en 20 matches. Soit plus d'une rencontre sur deux. Les points perdus en décembre font mal...
Sur le papier et à la lumière du calendrier qui attend les Vert et Blanc, le pari semble plus corsé. Parce que les Stellistes ont traversé en décembre une période pour le moins délicate, avec cinq défaites d'affilée ; parce que le mois de janvier s'annonce lui aussi semé d'embûches : déplacements à Saint-Etienne et Bourg, réceptions de Poitiers et de Boulazac (qui, au passage, a recruté l'ex Portelois Billy Knight).
Pour y parvenir, l'ESSM compte sur sa dernière recrue, Cazalon. L'ex joueur de Roanne, arrivé en méforme sur les bords de la Liane, doit devenir le fer de lance du renouveau stelliste. Un challenge qu'il a assuré vouloir relever et assumer. Pascal Jullien a rappelé que recruter un joueur supplémentaire était une nécessité, en raison de l'indisponibilité à venir de Jean-Philippe Ludon et du départ du jeune Raquin.
35 petits actionnaires
La commission de discipline, qui se réunit mi-janvier, scellera le sort du Portelois pour les semaines à venir. En espérant qu'il ne s'agisse que de semaines... Pour tenter de limiter la casse, le club s'est adjoint les services d'un avocat.
2009 est aussi le passage du club en Société anonyme sportive professionnelle (SASP). Pierre Leprêtre a avoué que ce n'était pas sans émotion que s'opérait ce changement juridique, car l'ESSM est une vieille dame de 90 ans. Le médecin sportif prend la tête de cette nouvelle entité, cependant que Pascal Jullien prend les rênes de l'association ESSM, secondé par Pierre-André Mametz, déjà comptable au sein du club.
Ce passage en SASP était inéluctable assure le club. Qui, en réalité, prend les devants, la Ligue incitant fortement les clubs de pro B à opter pour ce statut.
« Au sein d'un pool de petits actionnaires, 35 environ, nous avons créé une société civile », argumente Philippe Brognard, dirigeant du club. « C'est une sorte de minorité de blocage constituée de personnes qui représentent l'âme de ce club, pour faire en sorte que l'ESSM ne tombe jamais dans les mains d'un seul et unique propriétaire. » Avec le soutien indéfectible de quelques partenaires privés comme Alprech Filets, mais aussi publics comme la municipalité du Portel, l'ESSM est entre bonnes mains.
Le Conseil régional n'a pas été oublié, qui vient de donner un formidable coup d'accélérateur au projet de salle de basket, attendue pour 2011.
Stéphane DANGER
Les filets pleins d'idées de Jean-Bernard Coppin
Les Echos n° 19210 du 29 Juillet 2004 • page 16Aujourd'hui, 90 % des pêcheurs de la Côte d'Opale s'équipent auprès d'Alprech, qui a également fourni le Parc des Princes en filets anti-hooligans et vient de livrer des filets de sécurité pour 11.000 mètres carrés de verrières à la gare TGV de Roissy. Une histoire de famille où le fondateur, Jean-Bernard Coppin, bientôt soixante ans, s'apprête à passer la main à ses deux fils, François, trente et un ans, directeur commercial, et Olivier, vingt-sept ans, responsable du secteur pêche.
Quand en 1982 il est licencié de la chaudronnerie de Capécure, où il travaille depuis vingt-cinq ans comme comptable, Jean-Bernard Coppin ne peut, vu ses gènes familiaux, que plonger dans ce secteur. Il lance avec un oncle et deux beaux-frères marins-pêcheurs une fabrique artisanale de filets de pêche dans les 80 mètres carrés de sa cave de la rue Saint-Michel à Outreau, où il habite, à quelques encablures du cap d'Alprech, non loin de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français. « On faisait des mailles dans la salle à manger en famille », se souvient François, âgé d'une dizaine d'années à l'époque. « Je rentrais de l'école et je rangeais les bobines de plomb, c'était la période héroïque. » Des filets dont la matière première arrive toute faite, mais qu'il faut assembler, ou bordurer, des coutures faites à la main.
Devant l'activité très fluctuante que représente la pêche avec de bonnes mais aussi de mauvaises années et surtout la raréfaction de la ressource, Jean-Bernard Coppin se diversifie dans le filet de protection et de sport. En 1988, alors que la société compte déjà quatre salariés et réalise un chiffre d'affaires de 533.000 euros, Alprech Filets déménage sur les hauteurs d'Outreau dans un premier bâtiment de 430 mètres carrés sur deux niveaux.
Dès la première année, l'effectif passe à dix personnes et double son activité grâce à la diversification. En 1990, l'entreprise achète sa première machine à coudre qui permet d'aller quatre fois plus vite. La société équipe progressivement son parc, qui atteint aujourd'hui 22 machines. « Nous avons acheté les trois dernières en 2003. Nous trouvons d'abord le marché puis passons à l'achat », explique François Coppin, salarié de la société depuis 1996 après un BTS forces de vente.
Douze machines à coudre sont dédiées à la pêche. Elles permettent de produire des filets maillants, des tramails, des cordes plombées, des filets, des cordages ou encore des flotteurs. Ce secteur représente 40 % de l'activité de la firme, qui a réalisé en 2003 un chiffre d'affaires de 2,36 millions d'euros, avec un effectif de 25 salariés. « Nous avons formé tout le personnel, car il n'y a pas d'école pour apprendre ce métier », explique Jean-Bernard Coppin, qui travaillait au début avec de vieux marins.
Ces derniers ont formé ensuite les jeunes recrues, essentiellement des femmes. Autrefois les filets étaient en lin ou en chanvre. Aujourd'hui ce sont des matières synthétiques : polyéthylène, polyamide. « Il faut six mois pour former une couturière dans le milieu de la pêche », ajoute Olivier Coppin, entré en 2001 avec un DEUG de sciences et techniques.
En réfléchissant aux demandes du secteur industriel et sportif, la société s'est diversifiée dans les filets de sécurité et de protection, qui représentent désormais 60 % de l'activité. « Nous avons commencé par faire des filets pour volières, puis pour des séparations de salles de sports des pare-ballons », se rappelle Olivier Coppin. « Notre force est d'avoir eu l'idée de coudre les filets dont la maille est en losange, de telle manière qu'elle se mette en carré, beaucoup plus facile à poser », ajoute son frère. Alprech Filets conçoit aussi des filets de protection pour les bennes, des brise-vent ou brise-vue pour les aménagements urbains ou d'espaces verts. Elle fait aussi des hamacs. « Un dompteur est même venu nous chercher un filet pour son tunnel de tigres pour un cirque », se souvient Jean-Bernard Coppin.
L'entreprise s'adapte ainsi à toutes les demandes. « Nous avons fabriqué un filet de protection pour la prison de Bourges. Les policiers du RAID ont fait appel à nous également pour résoudre un petit problème de jonction de cordage », souligne-t-il encore. Pour faire face à ces développements, la société a dû déjà agrandir deux fois le bâtiment d'un total de 1.200 mètres carrés sur deux niveaux aujourd'hui. Les deux frères cherchent en permanence à innover, à améliorer les machines ou le processus de fabrication. « Quelquefois, ce sont de petits trucs, tel ce croché vissé dans la table dans lequel on coince le fil qui permet d'accélérer la cadence », ajoute Olivier Coppin. « Je me réveille quelquefois la nuit avec une bonne idée que je note rapidement », ajoute ce passionné. C'est ainsi qu'Alprech Filets a mis au point, il y a dix-huit mois, le filet antipollution récupérateur d'hydrocarbures, sur demande de la Marine nationale après le naufrage du « Tricolor » au large de Dunkerque en décembre 2002. « On a travaillé plus de quinze jours sur ce projet, et je suis sûr qu'on peut encore améliorer les flotteurs, mais le temps nous manque. »
NICOLE BUYSE
http://archives.lesechos.fr/archives/2004/LesEchos/19210-78-ECH.htm


